Le poids des mots
Une archive choisie de discours qui ont façonné la posture des États, le sort des alliances et l’ordre international.
Le discours est un instrument d’État. Monarques, présidents, révolutionnaires et secrétaires généraux ont usé de l’allocution solennelle pour déclarer la guerre et pour demander la paix, pour lier leurs alliés et pour les ébranler, pour revendiquer la légitimité et pour la refuser à d’autres. Voici une archive choisie de tels discours, d’Élisabeth Ire à Tilbury jusqu’à nos jours, retenus pour leur incidence sur la posture des États, la forme des alliances et l’ordre international.
Chacun est présenté d’après les sources : l’orateur, l’occasion et le texte tel qu’il a été prononcé ou fidèlement transcrit. Lorsqu’un discours n’a pas été prononcé en anglais ou en français, l’original est offert accompagné d’une traduction. Le Centre fournit le contexte, non le commentaire, et laisse les mots parler d’eux-mêmes.
18 juin 1940
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas
From London on 18 June 1940, General Charles de Gaulle broadcast his Appel over the BBC, calling on the French to continue resistance after France's collapse. It is regarded as the founding act of the Free French. Delivered in French.
Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous ont fait reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis.
La guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres.
Document historique. Le Centre ne détient ni ne revendique aucun droit d'auteur sur ces discours. Ils sont rassemblés et reproduits ici à titre de document historique, à partir de sources publiques et d'archives. Tout titulaire de droits qui souhaite le retrait d'un discours, ou son alignement sur une source autorisée, peut en faire la demande par l'intermédiaire de notre page de contact.